Accueil > Institut > Presse > L'Arche, Avril 2001

Articles de presse

   TROIS PHILOSOPHES A JERUSALEM

   Auteur : Haïm MUSICANT

Sujet : Le Grand débat du 14 février 2001
Revue : L'Arche
Catégorie :
Mensuel
Référence : L'Arche N°518, Avril 2001, page 56
Parution : Avril 2001
Longueur : 524mots

Retour à la liste des articles


Nos remerciements à la revue L'Arche et en particulier à Myriam Rusz pour nous avoir permis de diffuser l'intégralité de cet article sur le site.

 

Depuis le début de l'Intifada, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut sont montés en première ligne pour défendre et expliquer Israël. Les deux philosophes ne cessent de ferrailler par la plume ou la parole contre ceux qui attaquent, ou refusent, et pas seulement avec des mots et des concepts. Israël.

Dans son bloc-notes du Point, Bernard-Henri Lévy dénonce dès octobre 2000 la "diabolisation" d'Israël, affirmant avec force : "Il ne faudra pas se lasser de répondre aux salopards, qui tentent de ressusciter l'image du Juif tueur d'enfants, que ce ne sont pas les soldats de Tsahal qui vont chercher les adolescents lanceurs de pierres pour les buter." Répondant aux collections de L'Histoire, en janvier 2001, Alain Finkielkraut déclare sans ambages : "Je vois que l'on mitraille Guilo, un quartier de Jérusalem et je constate que l'affaire n'est pas aussi simple que les progressistes nous le disent. Guilo, bien que construit hors des frontières de 1967, est bien aujourd'hui un quartier de Jérusalem ce n 'est pas une colonie. Et les émeutiers ne visent pas seulement les Israéliens. Ils disent "Juifs" désormais pour désigner leur ennemi comme s'ils n'étaient plus eux-mêmes des Palestiniens mais l'avant-garde du monde arabo-musulman lancé sur les traces de Saladin à la reconquête de Jérusalem."

Le 14 février, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut sont venus à Jérusalem parler de l'isolement d'Israë1. Invités par Benny Lévy, ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre et animateur du tout récent Institut d'études lévinassiennes, les deux philosophes ont animé un séminaire de trois jours dont le point culminant a été une soirée au centre Gérard Behar sur le thème : "Mémoire, oubli et solitude d'Israël".

Représentation

Ainsi que le notait l'historien Tom Seguev dans Haaretz, jamais depuis le procès d'Adolf Eichmann, qui s'était déroulé dans la même enceinte, on n'avait connu une telle affluence. Pourtant. le pari de Benny Lévy n'était pas gagné d'avance. Plutôt tourné vers les intellectuels américains, le public israélien de Jérusalem "tombé dans le sujet de la mémoire, depuis qu'il est tout petit" , allait-il venir à une soirée consacrée à un tel thème ?

Bien avant l'ouverture des portes, plus de sis cents personnes se pressaient pour entendre le trio. Deux fois plus de gens que lors de la soirée d'inauguration de l'Institut d'études lévinassiennes, en juin dernier. Près d'une centaine de spectateurs ont utilisé les écouteurs mis à leur disposition.

De cette "représentation philosophique" Tom Seguev a retenu le pessimisme des deux philosophes français. Alain Finkielkraut estime que les Palestiniens ne sont pas prêts à accepter l'existence de l'État d'Israël. L'espoir de la paix s'éloigne également selon Bernard-Henri Lévy.

Pour Bennv Lévy, cette soirée fut importante à plus d'un titre : parce qu'elle avait prouvé la capacité de mobilisation de son équipe et parce que le débat fut riche en qualité, répondant à l'exigence suivant laquelle " toutes les questions concernant les Juifs doivent être posées en Israël car c'est ici que se joue leur destin ".

On a souvent reproché leur silence à certains intellectuels. À Jérusalem, Bennv Lévy, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut ont fait la démonstration inverse.

HAÏM MUSICANT


L'Arche N° 518 - Avril 2001 - Page 56- 524 mots.
Haïm Musicant

Retour à la liste des articles

   Liste des intervenants
Retrouvez la liste des intervenants de l'Institut.


Recevez régulièrement par e-mail les dernières informations concernant les activités de l'Institut d'études lévinassiennes.
   
Votre e-mail